La dimpleplastie est une intervention de chirurgie esthétique du visage qui consiste à créer une fossette là où il n'en existe pas naturellement. Le principe est simple dans son énoncé : on provoque volontairement une adhérence entre la face profonde de la peau de la joue et le muscle situé dessous, de sorte que la contraction de ce muscle attire la peau vers l'intérieur et creuse un petit sillon au moment du sourire.
L'intervention se pratique entièrement par voie interne, à travers la muqueuse de la joue : elle ne laisse aucune cicatrice visible sur le visage. Elle dure généralement moins d'une heure, se déroule sous anesthésie locale et n'impose pas d'hospitalisation. Elle s'adresse à des personnes adultes, en bonne santé, qui souhaitent modifier un détail précis de leur expression et non corriger un vieillissement, un volume ou une asymétrie du visage.
C'est une demande esthétique qui a gagné en visibilité ces dernières années, portée par les réseaux sociaux. Elle mérite d'être abordée avec la même rigueur qu'une intervention plus lourde, pour une raison précise : la fossette obtenue n'est pas totalement réversible, et le résultat dépend d'éléments anatomiques que le chirurgien ne maîtrise qu'en partie. Cette page détaille le mécanisme exact de l'intervention, la différence essentielle entre fossette dynamique et fossette permanente, ce qu'il est possible de défaire ensuite, et les risques spécifiques liés à la région opérée.
Une fossette n'est ni un creux de la peau ni un manque de graisse. C'est la conséquence d'une particularité musculaire.
Le muscle grand zygomatique relie l'os de la pommette à la commissure des lèvres : c'est lui qui tire le coin de la bouche vers le haut et l'extérieur quand on sourit. Chez une partie de la population, ce muscle présente une variation anatomique : il est bifide, c'est-à-dire divisé en deux faisceaux sur une partie de son trajet. Un faisceau conserve son insertion habituelle, l'autre vient s'attacher plus superficiellement, dans le derme de la joue.
Lorsque le muscle se contracte, ce faisceau superficiel tracte directement la peau vers la profondeur. Le résultat est ce creux mobile qui apparaît au sourire et s'efface au repos. La fossette est donc une adhérence peau-muscle, et elle est par nature dynamique : elle existe quand le muscle travaille, pas quand le visage est détendu.
Cette variation est transmise de façon héréditaire dans de nombreuses familles, sans qu'elle réponde à une règle de transmission simple. Elle peut être unilatérale : avoir une seule fossette est parfaitement banal et ne constitue pas une anomalie.
Le creux vertical ou la fente que certaines personnes présentent au milieu du menton n'a rien à voir avec la fossette de la joue. Il s'agit d'une particularité osseuse et musculaire : un défaut de fusion médiane de l'os mandibulaire et une disposition particulière des muscles mentonniers. Il est présent au repos et ne dépend pas de l'expression.
Ce creux ne se crée pas par la même technique. Sa correction ou sa création relève d'un geste sur le squelette ou sur le tissu sous-cutané, et se discute dans le cadre d'une chirurgie du menton. Une dimpleplastie de joue ne le reproduit pas.
L'objectif de la dimpleplastie est de reproduire artificiellement l'adhérence que le muscle bifide crée naturellement. Le chirurgien ne sectionne pas le muscle et n'en modifie pas la fonction : il installe un point d'ancrage entre la peau et le plan musculaire.
Le positionnement est l'étape la plus déterminante de l'intervention, et elle se fait avant toute anesthésie, patient assis, en lui demandant de sourire.
Le repère anatomique classique se construit à l'intersection de deux lignes : une ligne horizontale partant de la commissure des lèvres et se dirigeant vers le tragus de l'oreille, et une ligne verticale descendant depuis l'angle externe de l'œil. Le point obtenu correspond à la zone où les fossettes naturelles se situent le plus souvent.
Ce repère n'est cependant qu'un point de départ. Le chirurgien l'ajuste en fonction de la forme du visage, de la hauteur des pommettes, du dessin du sourire et des plis d'expression déjà présents. Une fossette placée trop bas ou trop en avant donne un aspect de ride, une fossette placée trop haut peut se confondre avec le relief de la pommette. La marge de manœuvre se compte en millimètres, et le point retenu est marqué sur la peau puis vérifié par le patient devant un miroir.
L'intervention se déroule par l'intérieur de la bouche. Après désinfection et anesthésie locale de la muqueuse, le chirurgien réalise une petite incision sur la face interne de la joue, en regard du point marqué.
Il retire ensuite un fragment réduit de tissu à cet endroit — muqueuse, une fine couche de graisse et parfois quelques fibres du muscle buccinateur — afin de créer une zone de dépression et de favoriser la cicatrisation en adhérence.
Vient alors le temps central : un fil résorbable est passé à travers l'épaisseur de la joue de façon à prendre la face profonde du derme d'un côté et le plan musculaire de l'autre, puis il est noué. Ce point rapproche les deux plans et crée une traction. La fossette apparaît immédiatement.
L'incision muqueuse est refermée par un ou deux points résorbables. Aucune incision cutanée n'est réalisée : il n'y a donc pas de cicatrice visible de l'extérieur. Le geste est répété de l'autre côté lorsque deux fossettes sont souhaitées.
L'intervention dure le plus souvent entre trente minutes et une heure selon qu'une ou deux fossettes sont créées, et le patient repart le jour même.
C'est le point qui conditionne le plus fortement la satisfaction après l'intervention, et il est souvent mal compris avant la consultation.
Dans les premières semaines qui suivent la dimpleplastie, la fossette est permanente : elle est visible en permanence, y compris lorsque le visage est totalement détendu, parce que le point de suture maintient mécaniquement la peau tractée vers la profondeur. Beaucoup de patients trouvent cet aspect marqué, voire artificiel. C'est une phase attendue, non un mauvais résultat.
Au fil des semaines, le fil se résorbe et l'adhérence cicatricielle qui s'est formée entre le derme et le muscle prend le relais. Cette adhérence est plus souple que le point chirurgical. La fossette tend alors à devenir dynamique : elle s'atténue au repos et se creuse au sourire, se rapprochant du comportement d'une fossette naturelle.
Cette évolution est la règle générale, mais son amplitude varie beaucoup d'une personne à l'autre. Trois situations sont possibles et doivent être annoncées avant l'intervention :
Le délai avant de juger du résultat se compte en mois, généralement entre deux et six. Toute appréciation portée dans les premières semaines est prématurée.
Il n'existe pas d'indication médicale à la dimpleplastie : c'est une demande purement esthétique, portant sur un détail d'expression. L'évaluation porte donc davantage sur la cohérence de la demande que sur un diagnostic.
Les éléments examinés en consultation sont les suivants.
L'épaisseur de la joue. C'est le facteur anatomique le plus discriminant. Une joue fine, avec peu de graisse entre la peau et le muscle, permet une adhérence courte et une fossette plus nette. Une joue épaisse impose au point de franchir une distance plus importante, ce qui rend le creux moins visible et la tenue plus incertaine. Sur un visage rond, le résultat est souvent plus modeste que sur un visage fin, et cette limite doit être exposée avant l'intervention.
La demande de volume. Une personne qui souhaite en réalité affiner le bas du visage ne relève pas de cette intervention. L'affinement des joues se discute dans le cadre d'une bichectomie, et le manque de volume dans celui d'un lipofilling du visage. Confondre ces demandes conduit à une déception.
L'état bucco-dentaire. Puisque l'abord est intra-buccal, une infection dentaire évolutive, une parodontite ou une hygiène insuffisante contre-indiquent temporairement le geste. Un bilan dentaire préalable peut être demandé.
La maturité de la demande. Une demande née d'une tendance passagère, ou formulée sous l'influence d'un tiers, mérite un temps de réflexion. Un chirurgien qui propose de différer ou qui décline l'indication ne se dérobe pas : il tient compte du fait que le geste laisse une trace tissulaire durable.
Les contre-indications générales sont celles de toute chirurgie : troubles de la coagulation non contrôlés, infection en cours, pathologie non équilibrée, grossesse. Le tabac altère la cicatrisation muqueuse et son arrêt est demandé autour de l'intervention.
Les suites sont légères comparées à la plupart des interventions faciales, mais elles ne sont pas inexistantes. L'inconfort dominant est buccal.
| Période | Ce qui est habituel |
|---|---|
| 24 à 72 heures | Gonflement interne de la joue, gêne à l'ouverture de la bouche, sensibilité locale, fossette très marquée et permanente |
| 1re semaine | Alimentation molle ou tiède, bains de bouche antiseptiques, œdème en régression, ecchymose intra-buccale possible |
| 2 à 4 semaines | Résorption des fils, disparition de la gêne, fossette encore visible au repos |
| 1 à 3 mois | Assouplissement de l'adhérence, atténuation progressive de la fossette au repos |
| 3 à 6 mois | Comportement définitif de la fossette : dynamique, partiellement visible au repos, ou estompée |
Les consignes postopératoires sont peu nombreuses mais déterminantes : hygiène buccale rigoureuse, bains de bouche prescrits, alimentation molle les premiers jours, éviction des aliments très chauds, acides ou irritants, arrêt du tabac. La reprise d'une activité professionnelle est généralement possible en quelques jours, l'absence de cicatrice cutanée limitant le retentissement social. Le sport est repris après quelques jours à une à deux semaines selon l'avis du chirurgien.
Elle est partiellement réversible, et cette nuance doit être comprise avant de s'engager.
Si la fossette est jugée trop marquée ou mal placée, une reprise chirurgicale peut être envisagée : le chirurgien rouvre par voie interne, libère l'adhérence entre le derme et le muscle et interpose parfois un tissu pour empêcher les deux plans de recoller.
Ce geste améliore l'aspect dans une partie des cas, mais il ne restitue pas nécessairement l'état antérieur. La zone a cicatrisé une première fois ; libérer une adhérence crée une nouvelle cicatrisation, et une empreinte résiduelle, une petite dépression ou une irrégularité peut subsister. Il faut donc considérer que la dimpleplastie engage durablement l'aspect de la joue, même si elle peut être atténuée.
À l'inverse, une fossette qui s'est effacée spontanément peut faire l'objet d'une seconde intervention pour renforcer l'adhérence. Là encore, sans garantie de tenue.
L'intervention est courte et superficielle en apparence, mais elle se déroule dans une région qui contient des structures importantes. Les risques doivent être énoncés sans minimisation.
Suites attendues : œdème de la joue, gêne à la mastication, sensibilité, ecchymose muqueuse, aspect exagérément creusé pendant plusieurs semaines.
Complications locales :
Complications spécifiques à la région : la joue est traversée par le canal de Sténon, canal excréteur de la glande parotide, qui s'abouche dans la bouche en regard des molaires supérieures, et par des rameaux du nerf facial, en particulier la branche buccale. Une lésion de ces structures est rare mais décrite : elle peut entraîner un écoulement salivaire anormal, la formation d'une collection salivaire, ou une faiblesse de la contraction musculaire modifiant le sourire. La connaissance précise de ces repères anatomiques est l'une des raisons pour lesquelles cette intervention, malgré son apparente simplicité, relève d'un chirurgien formé à la chirurgie du visage.
La dimpleplastie crée un creux ; elle ne change rien d'autre. Elle ne modifie ni le volume des joues, ni l'ovale du visage, ni la position des pommettes, ni la qualité de la peau. Elle n'a aucun effet rajeunissant et ne corrige aucun relâchement.
Le rendu final dépend de facteurs individuels que la technique ne contrôle pas : épaisseur du tissu graisseux, qualité de la cicatrisation, force de contraction du muscle zygomatique, mobilité propre du sourire. Deux personnes opérées de façon identique n'obtiennent pas la même fossette.
Enfin, une fossette n'est pas un élément neutre du visage : elle modifie la façon dont l'expression est perçue. Une personne qui espère qu'elle transformera l'harmonie globale de son visage attend de l'intervention plus qu'elle ne peut donner. Lorsque la demande porte en réalité sur l'équilibre général des traits, une analyse morphologique complète, comme celle menée dans le cadre d'une étude du profil, est plus pertinente qu'un geste isolé. Le panorama des interventions du visage permet de situer cette demande parmi les autres options.
Il n'existe pas de tarif unique, et aucune estimation sérieuse ne peut être donnée sans examen clinique. Le coût se construit à partir de plusieurs éléments :
Un devis détaillant ces postes est un premier indicateur de sérieux. À l'inverse, un montant annoncé sans consultation, ou une intervention présentée comme anodine et immédiate, doit inciter à la prudence. Il est possible de demander une étude personnalisée pour connaître les modalités adaptées à votre situation.
Non. L'abord est exclusivement intra-buccal et l'incision se situe sur la face interne de la joue. Aucune cicatrice cutanée n'est visible. La cicatrice muqueuse, elle, est masquée à l'intérieur de la bouche et devient rapidement peu perceptible.
Elle s'en rapproche lorsque l'adhérence évolue vers un comportement dynamique. Dans les premiers mois, elle est plus marquée et plus permanente qu'une fossette naturelle. Le rendu final varie selon la morphologie et ne peut être promis à l'avance.
Le geste lui-même se déroule sous anesthésie locale. Les suites sont surtout inconfortables : gonflement interne, gêne à l'ouverture de la bouche et à la mastication pendant quelques jours, généralement soulagés par les antalgiques prescrits.
Oui. Une fossette unilatérale existe naturellement chez de nombreuses personnes. Le geste peut être réalisé d'un seul côté, par exemple pour équilibrer une fossette déjà présente de l'autre côté.
L'adhérence créée est durable, mais son intensité peut diminuer avec le temps. La fossette peut s'atténuer au fil des années, notamment si la joue se modifie avec les variations de poids ou l'évolution du visage. Aucune durée ne peut être garantie.
Il n'existe pas de technique injectable permettant de créer une fossette durable et fiable. Certaines approches ont été décrites, mais elles ne reposent pas sur le mécanisme d'adhérence peau-muscle et ne produisent pas le même comportement au sourire.
Elle se pratique une fois la croissance faciale achevée, chez l'adulte. Au-delà de l'âge, c'est la stabilité de la demande et l'épaisseur des tissus qui orientent la décision.
Oui, elle est parfois réalisée dans le même temps qu'un autre geste facial, ce qui suppose une évaluation du temps opératoire global et du type d'anesthésie. Cette combinaison se discute en consultation.