La prothèse du genou est une intervention d'orthopédie qui remplace les surfaces articulaires usées par des pièces métalliques séparées par un plateau en polyéthylène. Elle est proposée lorsque l'arthrose du genou — la gonarthrose — détruit le cartilage au point de provoquer des douleurs permanentes, de limiter la marche et de résister au traitement médical.
Une chose doit être dite d'emblée, car elle conditionne tout le reste : le genou ne se comporte pas comme la hanche. Après une prothèse de hanche, la marche redevient souvent confortable rapidement et la rééducation accompagne une récupération qui se fait largement seule. Après une prothèse de genou, l'intervention ne donne un bon résultat que si le patient reconquiert activement ses amplitudes articulaires, au prix d'un travail quotidien, long et fréquemment douloureux pendant plusieurs semaines. La qualité du geste chirurgical fixe le potentiel ; la rééducation détermine ce qui en sera réellement obtenu.
Cette page est donc construite autour de cette réalité. Elle décrit ce qu'est la gonarthrose et quand elle justifie une prothèse, ce qui distingue une prothèse totale d'une prothèse partielle, puis consacre l'essentiel de son développement à la rééducation : ce qu'il faut récupérer, dans quel ordre, à quel rythme, ce qui se passe quand le genou s'enraidit, et pourquoi la satisfaction après une prothèse de genou est plus variable qu'après une prothèse de hanche.
Le genou est une articulation composite qui regroupe trois compartiments : le compartiment fémoro-tibial interne, le compartiment fémoro-tibial externe, et le compartiment fémoro-patellaire, entre la rotule et le fémur. L'arthrose peut n'atteindre qu'un seul de ces compartiments ou les concerner tous — distinction déterminante pour le choix de la prothèse.
La douleur arthrosique du genou est mécanique : elle survient à la marche, en montant et surtout en descendant les escaliers, en se relevant d'un siège bas, et s'atténue au repos. Elle s'accompagne d'un dérouillage matinal court, de craquements, d'épisodes de gonflement lié à un épanchement, parfois de sensations d'instabilité ou de blocage. L'évolution se fait par poussées entrecoupées de périodes plus calmes.
Le genou présente une particularité par rapport à la hanche : l'axe du membre inférieur intervient directement dans l'usure. Une jambe en varus, arquée vers l'extérieur, concentre les contraintes sur le compartiment interne et l'use préférentiellement. Une jambe en valgus, dite en X, surcharge le compartiment externe. Cette désaxation s'auto-entretient : plus le compartiment s'use, plus l'axe se déforme, plus les contraintes se concentrent. C'est pourquoi la correction de l'axe fait partie intégrante de l'objectif chirurgical.
La gonarthrose peut être primitive, ou secondaire à une lésion méniscale ancienne, à une rupture du ligament croisé antérieur, à une fracture articulaire, à une ostéonécrose ou à une maladie inflammatoire. La surcharge pondérale joue un rôle majeur au genou : chaque kilogramme supplémentaire se traduit par une contrainte multipliée à chaque pas. Lorsque le poids constitue un obstacle à la fois à l'indication et à la récupération, une prise en charge de l'obésité peut être discutée en amont du projet chirurgical.
L'indication associe une usure objectivée et un retentissement quotidien devenu permanent, après échec d'un traitement non chirurgical réellement conduit.
Le bilan repose avant tout sur des radiographies réalisées en charge, debout, et sur une mesure des axes du membre sur un cliché en pied. Couché, l'interligne articulaire se rouvre et l'usure paraît moindre qu'elle ne l'est : une radiographie allongée sous-estime systématiquement une gonarthrose. L'IRM n'est pas l'examen de première intention d'une arthrose évoluée ; elle est utile devant une suspicion de nécrose, une lésion méniscale récente ou un doute diagnostique.
Les éléments qui font pencher vers la chirurgie sont la réduction du périmètre de marche, la difficulté à descendre un escalier, le recours quotidien aux antalgiques, l'apparition de douleurs nocturnes, la perte d'autonomie et l'échec des infiltrations. Le raisonnement général et les critères de bascule vers la chirurgie sont développés sur la page consacrée au parcours du patient en orthopédie.
Plusieurs situations conduisent à ne pas retenir l'indication ou à la différer : arthrose radiologique sans retentissement, traitement médical incomplet, infection évolutive ou foyer dentaire ou urinaire non traité, état cutané local altéré, diabète déséquilibré, tabagisme non interrompu, et surtout impossibilité de s'engager dans la rééducation. Ce dernier point est spécifique au genou : un patient qui ne pourra pas suivre une rééducation soutenue pendant plusieurs semaines n'obtiendra pas le bénéfice attendu, quel que soit le geste réalisé.
Un piège diagnostique mérite d'être signalé. Une douleur ressentie au genou peut provenir de la hanche — une coxarthrose évoluée irradie fréquemment vers la face antérieure de la cuisse et le genou — ou du rachis lombaire, une atteinte radiculaire haute pouvant projeter la douleur sur la face antérieure du genou. C'est l'une des indications de la recherche d'une compression radiculaire lombaire devant une douleur atypique. Poser une prothèse sur un genou qui n'est pas la source de la douleur conduit à un échec prévisible.
Deux grandes options existent selon l'étendue de l'usure.
La prothèse totale resurface l'ensemble de l'articulation : une pièce fémorale métallique épouse l'extrémité du fémur, une embase tibiale supporte un plateau en polyéthylène, et la rotule est resurfacée ou laissée en place selon les cas et les habitudes de l'opérateur. Elle traite simultanément l'usure de tous les compartiments et corrige la désaxation.
La prothèse unicompartimentale, ou prothèse partielle, ne remplace qu'un seul compartiment, le plus souvent l'interne. Elle conserve les ligaments croisés, le reste du cartilage et l'essentiel de l'anatomie du genou.
| Prothèse unicompartimentale | Prothèse totale | |
|---|---|---|
| Étendue de l'usure requise | Un seul compartiment atteint, autres compartiments sains | Atteinte de plusieurs compartiments ou usure globale |
| Ligaments croisés | Conservés | Le croisé antérieur est retiré ; le postérieur est conservé ou non selon le modèle |
| Déformation acceptable | Désaxation limitée et réductible | Déformation importante, y compris fixée |
| Sensation du genou | Souvent décrite comme plus proche du genou d'origine | Genou fonctionnel mais perçu comme différent |
| Récupération | Habituellement plus rapide et moins douloureuse | Plus longue, rééducation plus exigeante |
| Risque propre | Évolution arthrosique possible des compartiments laissés en place, imposant une conversion en prothèse totale | Raideur postopératoire, douleurs antérieures |
La prothèse partielle n'est donc pas une version « allégée » de la prothèse totale : c'est une intervention distincte, qui s'adresse à une situation précise. Ses critères de sélection sont stricts, et poser une prothèse unicompartimentale sur un genou dont les autres compartiments sont déjà atteints expose à un échec rapide. Lorsqu'elle échoue, la conversion en prothèse totale reste possible, mais elle relève d'une chirurgie de reprise.
Chez des patients jeunes présentant une arthrose unicompartimentale sur désaxation marquée, une ostéotomie — réaxation de l'os sans implant — peut également être discutée pour transférer les contraintes vers le compartiment sain et retarder la prothèse.
L'anesthésie est générale ou locorégionale. Le chirurgien aborde le genou par sa face antérieure, expose l'articulation, réalise des coupes osseuses calibrées à l'aide de guides ou d'une assistance informatisée, équilibre les tensions ligamentaires dans toute l'amplitude, vérifie la course de la rotule, puis implante les composants, cimentés ou non.
Deux objectifs techniques dominent : restituer un axe correct du membre, et obtenir un genou équilibré, c'est-à-dire avec des tensions ligamentaires symétriques en extension comme en flexion. Un genou mal équilibré est instable ou raide, indépendamment de la qualité des implants.
Les premiers jours sont marqués par des douleurs plus importantes qu'après une prothèse de hanche, un gonflement franc, un épanchement articulaire et une difficulté à contracter le quadriceps. La prise en charge antalgique est structurée et doit être anticipée : elle n'est pas un confort accessoire, c'est ce qui rend la rééducation possible. Un genou trop douloureux ne se mobilise pas, et un genou qui ne se mobilise pas s'enraidit.
Le lever et la marche avec appui, encadrés, sont en règle générale débutés dès le premier jour, avec deux cannes ou un déambulateur. La prévention thromboembolique associe anticoagulation, contention et mobilisation précoce. Le froid appliqué régulièrement et la surélévation du membre limitent l'œdème, qui est lui-même un facteur de raideur.
C'est le chapitre qui distingue le genou de toute autre chirurgie articulaire programmée. Il justifie d'être détaillé, car la plupart des déceptions après une prothèse du genou trouvent leur origine ici.
La hanche est une articulation profonde, sphérique, entourée de masses musculaires puissantes : une fois la prothèse posée, elle retrouve sa mobilité largement par l'usage. Le genou est une articulation superficielle, une charnière tenue par des ligaments et un appareil extenseur, dans un environnement où le moindre épanchement inhibe le quadriceps et où les tissus cicatriciels se rétractent vite.
Après l'intervention, le genou gonfle, fait mal et tend spontanément à se placer en légère flexion, position dans laquelle il est le moins douloureux. S'il reste dans cette position, la fibrose s'organise et la perte d'amplitude devient rapidement difficile à rattraper. Le temps joue contre le patient dans les premières semaines. C'est la raison pour laquelle la rééducation commence immédiatement et non après cicatrisation.
Récupérer l'extension complète — la capacité à tendre entièrement la jambe, genou parfaitement à plat — est le premier objectif, et il prime sur la flexion. Un déficit d'extension, appelé flessum, a des conséquences immédiates : le quadriceps doit travailler en permanence pendant la marche pour stabiliser un genou qui ne se verrouille plus, la marche devient fatigante et boiteuse, la hanche et le rachis compensent, et le genou controlatéral est surchargé.
Un flessum installé est bien plus difficile à réduire qu'un défaut de flexion. Les moyens employés sont simples mais doivent être appliqués avec constance : posture jambe tendue avec le talon surélevé et le genou libre dans le vide, contractions statiques du quadriceps répétées plusieurs fois par jour, travail manuel du kinésithérapeute, et surtout interdiction de placer un coussin sous le genou — geste spontané, confortable, et responsable de nombreux flessums.
La flexion se reconquiert ensuite, par paliers. Les repères fonctionnels sont concrets : il faut environ un genou à angle droit pour s'asseoir et marcher normalement, davantage pour monter et descendre les escaliers en alternant les pieds, davantage encore pour se relever d'un siège bas ou faire du vélo.
Le travail associe mobilisation passive par le kinésithérapeute, mobilisation active du patient, exercices d'auto-rééducation quotidiens, et souvent vélo d'appartement dès que l'amplitude le permet — d'abord en pédalage partiel, en avant et en arrière, avant le tour complet. La glace après les séances est utile : elle limite la réaction inflammatoire qui suit la mobilisation.
L'amplitude finale dépend en grande partie de l'amplitude préopératoire. Un genou déjà très raide avant l'intervention récupère rarement une mobilité complète. C'est un argument contre l'attente prolongée, et une information qui doit être donnée avant l'opération.
L'épanchement articulaire inhibe le quadriceps par un réflexe automatique : le muscle ne répond plus correctement, même si le patient tente de le contracter. Le verrouillage actif du genou est donc perdu dans les premiers jours, et sa reconquête est une étape à part entière. Le travail débute par des contractions statiques, puis le relevé de jambe tendue, puis le travail en charge, la proprioception et l'équilibre. Le sevrage des cannes ne se décide pas à une date, mais lorsque le contrôle musculaire permet une marche sans boiterie.
Ce point est rarement dit avec assez de clarté. Les séances de rééducation des premières semaines sont douloureuses, et cette douleur est attendue. Il s'agit d'étirer des tissus qui se rétractent, sur un genou opéré et gonflé. Beaucoup de patients décrivent cette période comme plus difficile que l'intervention elle-même.
La distinction à faire est la suivante : une douleur qui survient pendant la mobilisation et qui s'estompe dans l'heure qui suit fait partie du processus ; une douleur qui augmente, persiste plusieurs heures, s'accompagne d'un gonflement croissant, d'une rougeur, d'une chaleur ou d'une fièvre n'est pas normale et doit être signalée sans délai.
La conséquence pratique est qu'un antalgique pris avant la séance est un outil de rééducation, pas une faiblesse. Et qu'une rééducation espacée, interrompue pendant les vacances du kinésithérapeute ou reportée de quelques semaines pour des raisons pratiques, compromet un résultat qui ne se rattrape pas.
| Période | Objectifs et réalité du quotidien |
|---|---|
| Jours 1 à 5 | Lever et marche encadrés avec aides techniques, réveil du quadriceps, lutte contre le flessum dès le premier jour, glace et surélévation, antalgiques structurés |
| Semaines 1 à 3 | Phase la plus exigeante. Séances rapprochées, gonflement encore marqué, sommeil souvent perturbé, extension à obtenir en priorité, flexion travaillée quotidiennement |
| Semaines 4 à 8 | Amplitudes en progression, sevrage progressif des cannes, marche plus fluide, poursuite intensive de la kinésithérapie, fatigue encore présente |
| 3 à 6 mois | Marche autonome, escaliers, reprise d'un travail sédentaire puis d'activités à faible impact, gonflement résiduel en fin de journée fréquent |
| 6 mois à 1 an et au-delà | Poursuite lente de l'amélioration, récupération de la force, disparition progressive des sensations d'engourdissement et de tension. Le résultat continue d'évoluer au-delà de la première année |
Ces repères sont indicatifs et la variabilité individuelle est importante. Une comparaison avec un autre patient opéré à la même date n'a pas de valeur.
Lorsque l'intervention est réalisée loin du domicile, la continuité de la rééducation devient un point critique, car c'est au retour que se joue l'essentiel du travail. Le kinésithérapeute doit être identifié et le premier rendez-vous pris avant le départ, avec une fréquence de séances suffisante dès la première semaine de retour. Le protocole écrit — objectifs d'amplitude, appui autorisé, exercices d'auto-rééducation, points de vigilance — doit accompagner le patient, avec le compte rendu opératoire, la référence des implants et les radiographies postopératoires. Le délai avant le vol de retour est fixé médicalement, notamment en raison du risque thromboembolique : ce cadrage est détaillé dans la section sur la faisabilité d'un séjour orthopédique.
La raideur est la complication spécifique du genou prothésé. Elle correspond à une perte d'amplitude qui ne progresse plus malgré une rééducation bien conduite, par organisation d'une fibrose dans l'articulation et autour d'elle.
Elle est favorisée par une amplitude préopératoire déjà limitée, un contrôle insuffisant de la douleur, un épanchement persistant, un début de rééducation trop tardif ou trop espacé, une infection, un syndrome douloureux régional complexe, ou un déséquilibre ligamentaire.
Elle se reconnaît sur une évolution qui stagne : le genou ne gagne plus rien sur plusieurs semaines, alors que le patient travaille. C'est cette stagnation, plus que le chiffre d'amplitude lui-même, qui alerte.
Deux gestes complémentaires peuvent alors être discutés, et le facteur temps est déterminant : plus ils sont réalisés tôt, plus ils sont efficaces, car la fibrose devient progressivement résistante.
La mobilisation sous anesthésie consiste à fléchir et étendre le genou sous anesthésie générale, muscles relâchés, pour rompre les adhérences. Le geste est court, mais il n'a de valeur que s'il est immédiatement suivi d'une rééducation intensifiée : sans cela, le genou reperd en quelques jours ce qui a été gagné. Il comporte un risque, notamment de fracture sur un os fragile.
L'arthrolyse est une intervention chirurgicale qui consiste à libérer l'articulation des tissus fibreux, par arthroscopie ou à ciel ouvert. Elle est envisagée devant une raideur installée, résistante, ou lorsque la mobilisation sous anesthésie n'a pas suffi. Elle impose elle aussi une rééducation immédiate et soutenue, et son résultat n'est pas garanti.
Avant tout geste sur un genou raide, une infection doit être recherchée : une raideur douloureuse et inflammatoire peut en être le premier signe.
Une prothèse du genou supprime en règle générale la douleur arthrosique. Elle ne restitue pas un genou identique à un genou sain, et une part des patients conserve une gêne durable. La satisfaction après prothèse du genou est reconnue comme plus variable qu'après prothèse de hanche. Cette information doit être donnée avant l'intervention.
Les plaintes les plus fréquemment rapportées sont les suivantes.
Des douleurs antérieures, autour de la rotule, à la montée ou à la descente des escaliers et lors du relevé d'un siège bas.
Une sensation de genou « étranger » : le genou fonctionne mais n'est pas perçu comme naturel, avec une impression de tension, de serrage ou de pièce rapportée. Cette sensation s'atténue avec le temps chez beaucoup de patients, sans toujours disparaître.
Un gonflement récurrent en fin de journée ou après une activité prolongée, parfois pendant plus d'un an.
Une zone d'insensibilité sur la face externe de la cicatrice, liée à la section de petits rameaux nerveux cutanés lors de l'abord. Elle est fréquente et souvent définitive, sans conséquence fonctionnelle.
Des craquements ou des cliquetis, généralement sans gravité.
Une gêne à l'agenouillement, qui reste difficile ou impossible pour de nombreux patients. C'est une limitation concrète, à anticiper pour les métiers et les pratiques religieuses qui l'imposent.
Une douleur qui persiste ou réapparaît ne doit jamais être banalisée : elle impose un bilan à la recherche d'une infection, d'un descellement, d'une instabilité, d'un problème rotulien ou d'une cause extra-articulaire, notamment rachidienne ou coxo-fémorale.
La prothèse du genou est une intervention courante et codifiée, mais c'est une chirurgie lourde dont les risques doivent être connus avant la décision.
Infection sur implant. Complication la plus grave. Une infection précoce peut parfois être traitée par lavage chirurgical et antibiothérapie en conservant la prothèse ; une infection chronique impose souvent le retrait et le remplacement, en un ou plusieurs temps, avec une antibiothérapie prolongée. Le genou est particulièrement exposé en raison de la faible épaisseur des tissus mous qui le recouvrent. Diabète déséquilibré, tabagisme, obésité, immunodépression et foyers infectieux non traités augmentent ce risque. Une prothèse s'infecte encore des années après la pose, à l'occasion d'une infection dentaire, urinaire ou cutanée.
Raideur articulaire, traitée plus haut : c'est la complication la plus fréquente et la plus spécifique de cette chirurgie.
Thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire, justifiant l'anticoagulation, la contention et la marche précoce, avec une vigilance accrue en cas de voyage.
Complications cicatricielles. Retard de cicatrisation, désunion, nécrose cutanée, favorisés par le tabac, le diabète et les antécédents de cicatrices sur le genou.
Hématome et épanchement, pouvant nécessiter une ponction ou une évacuation, et entretenant la raideur.
Syndrome douloureux régional complexe, associant douleurs disproportionnées, troubles vasomoteurs, gonflement et enraidissement, d'évolution longue et imprévisible.
Lésion nerveuse ou vasculaire, rare, pouvant entraîner un déficit sensitif ou moteur.
Instabilité par déséquilibre ligamentaire, avec sensation de dérobement.
Complications rotuliennes : douleurs antérieures, mauvaise course de la rotule, plus rarement fracture ou descellement de l'implant rotulien.
Fracture périprothétique, lors de l'intervention, d'une mobilisation sous anesthésie ou d'une chute.
Usure du polyéthylène et descellement à long terme, se manifestant par la réapparition de douleurs après une période sans symptôme, ce qui impose une consultation et une radiographie comparative.
Complications de l'anesthésie et complications générales liées au terrain.
Le genou prothésé fonctionne, mais il n'est pas un genou neuf. Les amplitudes extrêmes ne sont pas retrouvées, l'agenouillement reste souvent difficile, l'accroupissement complet est rarement possible, et la perception fine de l'articulation est modifiée.
L'implant a une durée de vie limitée, dépendante de l'activité, du poids, de la qualité osseuse et de la justesse du montage. Aucune durée ne peut être annoncée pour un patient donné. Une reprise est plus complexe qu'une pose première, avec une perte de substance osseuse à gérer et un résultat fonctionnel en moyenne inférieur.
La prothèse ne traite que l'articulation remplacée. Une arthrose de hanche, une lombalgie, un trouble statique du pied ou une maladie inflammatoire continuent d'évoluer et peuvent limiter le bénéfice ressenti sur la marche.
Les sports d'impact, de pivot et de contact restent déconseillés durablement. La marche, le vélo, la natation et les activités d'endurance modérée sont en revanche encouragés après accord médical.
Enfin, et c'est la limite la plus importante : le résultat dépend de facteurs que le chirurgien ne maîtrise pas — amplitude et état musculaire avant l'opération, ancienneté de la déformation, capacité à supporter une rééducation exigeante, accès effectif à un kinésithérapeute, motivation dans la durée. Deux patients opérés de la même façon n'obtiennent pas le même genou. Aucun résultat fonctionnel ne peut être garanti.
Aucune estimation ne peut être établie sans dossier comportant les radiographies en charge, la mesure des axes et les antécédents. Les facteurs de variation sont :
Un devis exploitable détaille ces postes, nomme l'implant prévu et indique explicitement ce qui n'est pas inclus, en particulier la rééducation au retour, qui reste à organiser dans le pays de résidence. Vous pouvez soumettre votre dossier pour une estimation personnalisée.
Parce que le genou est une charnière superficielle, stabilisée par des ligaments et un appareil extenseur, dans laquelle l'épanchement inhibe le quadriceps et les tissus se rétractent rapidement. La hanche retrouve sa mobilité largement par l'usage ; le genou doit être remobilisé activement, tôt et longtemps. C'est la différence essentielle entre les deux interventions.
La phase intensive s'étend sur les premières semaines, avec des séances rapprochées. La rééducation se poursuit ensuite de façon dégressive pendant plusieurs mois, et l'amélioration fonctionnelle continue au-delà de la première année. Il n'existe pas de durée standard : elle dépend de l'amplitude de départ, de l'état musculaire et de la réponse individuelle.
Un gonflement résiduel, notamment en fin de journée ou après une activité prolongée, est fréquent et peut persister plusieurs mois. En revanche, un gonflement qui augmente, s'accompagne de rougeur, de chaleur, de fièvre ou d'un écoulement de la cicatrice doit faire consulter sans attendre.
C'est parfois discuté lorsque les deux genoux sont très atteints, mais cela majore les pertes sanguines, le risque thromboembolique et surtout la difficulté de la rééducation : le patient ne dispose plus d'une jambe saine pour les transferts et l'appui. La décision dépend de l'âge, des pathologies associées, de l'aide disponible et du projet de rééducation.
L'agenouillement reste difficile ou impossible pour beaucoup de patients, par gêne et par appréhension plus que par risque pour l'implant. L'accroupissement complet est rarement retrouvé. Ces limitations doivent être anticipées lorsque l'activité professionnelle ou personnelle les impose.
Il faut le signaler rapidement, sans attendre la consultation suivante. Une stagnation des amplitudes sur plusieurs semaines justifie une réévaluation, la recherche d'une infection, et éventuellement une mobilisation sous anesthésie ou une arthrolyse. Ces gestes sont d'autant plus efficaces qu'ils sont réalisés tôt.
La reprise de la conduite suppose un contrôle musculaire suffisant pour freiner en urgence, l'arrêt des antalgiques qui altèrent la vigilance et l'accord du chirurgien. Le délai est plus long pour un genou droit sur un véhicule à boîte manuelle.
Oui. Une bactérie véhiculée par le sang lors d'une infection dentaire, urinaire, cutanée ou digestive peut se fixer sur l'implant. Toute infection doit être traitée rapidement, la présence d'une prothèse doit être signalée avant des soins dentaires ou un geste invasif, et l'apparition d'une douleur ou d'un gonflement nouveau impose une consultation.