Le changement de prothèses mammaires est une intervention de reprise : elle consiste à retirer des implants déjà en place et, selon la situation, à les remplacer par de nouveaux implants, à les retirer sans remplacement, ou à associer ce geste à une correction de la forme du sein. Elle s'adresse exclusivement à des femmes déjà opérées d'une augmentation ou d'une reconstruction mammaire.
Les motifs de consultation sont de deux ordres. Certains relèvent d'une complication de l'implant ou de son enveloppe biologique : rupture, contracture capsulaire, déplacement, sérome tardif. D'autres relèvent d'une évolution du sein ou du souhait de la patiente : volume devenu inadapté, affaissement apparu avec le temps, les grossesses ou les variations de poids, ou décision de ne plus porter d'implant du tout.
Une reprise ne se planifie pas comme une première pose. Le sein a été opéré, les tissus ont été remaniés, une capsule s'est formée autour de chaque implant, la peau et la glande ont vieilli sous la contrainte du volume. Le chirurgien travaille donc dans un terrain modifié, avec des repères anatomiques moins nets et une marge de manœuvre plus étroite. Cette page décrit les indications réelles d'un changement, le bilan d'imagerie qui le précède, le sort réservé à la capsule, ce qu'implique une explantation sans remplacement, les suites, les risques et les limites de ce type de chirurgie.
Les implants mammaires sont des dispositifs médicaux dont la durée de fonctionnement est limitée. Ils vieillissent : l'enveloppe en élastomère de silicone subit des contraintes mécaniques permanentes, des plis de flexion apparaissent, et le risque de défaillance augmente avec les années de port. Aucune durée exacte ne peut être annoncée pour un implant donné, parce que ce vieillissement dépend du modèle, de la position, de la morphologie et des contraintes subies.
L'ordre de grandeur communément retenu par les fabricants et les sociétés savantes se situe autour d'une dizaine à une quinzaine d'années, avec de larges variations individuelles. Certaines patientes conservent leurs implants bien au-delà sans anomalie détectée ; d'autres présentent une complication précoce. Toute femme porteuse d'implants doit donc intégrer, dès la pose initiale, l'éventualité d'une ou plusieurs interventions ultérieures au cours de sa vie.
Il n'existe pas de règle imposant un remplacement à date fixe. Un implant ancien, indolore, sans anomalie à l'imagerie, chez une patiente satisfaite de son aspect, ne constitue pas en soi une indication opératoire. Ce qui est recommandé, ce n'est pas le remplacement systématique : c'est la surveillance.
Cette surveillance repose sur un examen clinique régulier et sur une imagerie adaptée, dont le rythme est fixé par l'équipe qui suit la patiente. Une modification de forme, de consistance, de volume ou l'apparition d'une douleur justifie une consultation sans attendre l'échéance prévue.
À l'inverse, une patiente dont les implants sont anciens et qui envisage déjà une modification de son aspect — volume, forme, position — a intérêt à traiter les deux questions dans le même temps opératoire plutôt qu'à multiplier les interventions.
La rupture correspond à une perte de continuité de l'enveloppe. Ses conséquences et ses manifestations dépendent du contenu de l'implant et de la localisation de la brèche.
La rupture intracapsulaire est la situation la plus fréquente avec les implants remplis de gel de silicone cohésif. L'enveloppe se fissure mais le gel reste contenu à l'intérieur de la capsule fibreuse que l'organisme a formée autour de l'implant. Le sein ne change pas nécessairement d'aspect et la patiente ne ressent souvent rien : on parle alors de rupture silencieuse, découverte uniquement à l'imagerie.
La rupture extracapsulaire survient lorsque le gel franchit également la capsule et diffuse dans les tissus voisins. Elle peut se traduire par une modification de forme, une induration, une douleur, une inflammation locale, parfois par l'apparition de nodules de silicone, y compris à distance, dans les ganglions de l'aisselle. Elle impose une reprise chirurgicale.
Le dégonflement d'un implant rempli de sérum physiologique se manifeste différemment : la perte de volume est rapide, visible, et l'asymétrie est évidente. Le liquide est résorbé sans danger par l'organisme, mais l'implant doit être remplacé.
Une rupture confirmée constitue une indication opératoire, y compris en l'absence de symptôme. Laisser en place un implant rompu expose à une diffusion progressive du gel et complique le geste ultérieur, car un silicone dispersé dans les tissus est plus difficile à retirer qu'un silicone encore contenu.
Après toute pose d'implant, l'organisme isole le corps étranger en construisant autour de lui une membrane fibreuse : la capsule. Ce phénomène est normal et constant. Chez certaines patientes, cette capsule s'épaissit, se rétracte et comprime l'implant : c'est la contracture capsulaire, appelée couramment « coque ».
Le sein devient alors plus ferme, puis dur, prend une forme arrondie et anormalement haute, et peut devenir douloureux. La sévérité est habituellement décrite selon la classification de Baker.
| Grade de Baker | Ce que la patiente constate | Conduite habituelle |
|---|---|---|
| Grade I | Sein souple, aspect naturel, capsule non perceptible | Évolution normale, aucune intervention |
| Grade II | Fermeté légèrement augmentée, aspect encore normal à l'œil | Surveillance simple |
| Grade III | Sein ferme, déformation visible, implant remonté ou arrondi | Reprise chirurgicale souvent proposée |
| Grade IV | Sein dur, déformé et douloureux | Indication opératoire |
Les mécanismes de la coque ne sont pas entièrement élucidés. Plusieurs facteurs sont associés à un risque accru : une contamination bactérienne minime lors de la pose initiale, un hématome postopératoire, un implant placé en position rétroglandulaire plutôt que sous le muscle, une enveloppe lisse, des antécédents de radiothérapie. C'est précisément pour limiter la contamination peropératoire que certains opérateurs appliquent un protocole No-Touch lors de la mise en place de l'implant.
Une contracture capsulaire peut récidiver après traitement. C'est une information à recevoir avant l'intervention, et non après : une patiente ayant déjà fait une coque présente un risque de récidive supérieur à celui d'une première pose.
Une partie des demandes de changement ne relève d'aucune complication. Le volume choisi des années plus tôt ne correspond plus au mode de vie, à la silhouette après une perte ou une prise de poids, ou simplement aux souhaits actuels.
La demande de réduction de volume est devenue fréquente : gêne dorsale ou cervicale, difficulté à pratiquer certains sports, sensation de poitrine trop présente, envie d'un aspect plus discret. Elle est en général techniquement réalisable, mais elle expose à un relâchement cutané, puisque l'enveloppe cutanée s'est distendue autour du volume précédent et ne se rétracte pas toujours sur un implant plus petit. Une correction de la peau est parfois nécessaire dans le même temps.
La demande d'augmentation de volume est possible mais bornée par l'épaisseur des tissus de couverture, la largeur de la base du sein et la qualité de la peau. Passer à un volume nettement supérieur sur des tissus déjà amincis par le port d'un premier implant augmente le risque de vagues visibles, de bords palpables et de descente de l'implant à long terme. Le chirurgien peut refuser une augmentation jugée disproportionnée : cette réserve protège le résultat autant que la patiente.
Le sein prothésé continue de vieillir. Sous l'effet du temps, du poids de l'implant, des grossesses, de l'allaitement et des variations pondérales, la glande et la peau descendent tandis que l'implant, lui, reste souvent en position haute. Le résultat est un sein dont le pôle supérieur est plein et dont le tissu glandulaire glisse au-dessous de l'implant, avec une aréole orientée vers le bas.
Dans cette situation, remplacer l'implant seul ne corrige rien : le nouvel implant se logera au même endroit et la glande restera pendante. La correction impose d'associer une remontée de l'enveloppe cutanéo-glandulaire, c'est-à-dire une mastopexie, selon les mêmes principes que ceux décrits sur la page dédiée au lifting des seins. Cette association allonge l'intervention, ajoute des cicatrices et augmente le risque de retouche, mais elle est souvent la seule voie vers un résultat harmonieux.
Plusieurs anomalies de positionnement justifient une reprise, indépendamment de l'état de l'implant lui-même :
Ces corrections reposent sur un travail de la loge : fermeture d'une partie de l'espace par des points internes, reconstruction du sillon, changement de plan, parfois renfort par une matrice ou par du tissu graisseux autologue pour épaissir la couverture.
Certaines circonstances relèvent d'une évaluation médicale et non d'une simple demande esthétique. Un épanchement tardif, c'est-à-dire un gonflement d'un sein survenant plusieurs années après la pose, doit faire l'objet d'un bilan : il peut correspondre à une collection bénigne, mais il impose d'éliminer un lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (BIA-ALCL), entité rare décrite en association avec certaines enveloppes texturées, et dont le diagnostic repose sur l'analyse du liquide prélevé.
De même, des patientes rapportent un ensemble de symptômes généraux qu'elles attribuent à leurs implants — fatigue, douleurs articulaires et musculaires, troubles de la concentration. Ce tableau, désigné sous le terme de syndrome des implants mammaires, ne dispose pas de définition consensuelle ni de critère diagnostique validé, et son lien de causalité reste discuté dans la littérature. Une patiente concernée mérite une écoute sérieuse et un bilan médical complet visant à écarter une autre cause, avant d'envisager une explantation.
Une reprise ne s'organise pas sans savoir ce qui se trouve dans le sein. Le bilan préopératoire comporte systématiquement un examen clinique et une imagerie, complétés par le bilan biologique et la consultation d'anesthésie.
L'échographie mammaire est l'examen de première intention. Elle explore la glande, met en évidence un épanchement autour de l'implant, une collection, une anomalie de la capsule et certains signes de rupture.
L'IRM mammaire est l'examen de référence pour analyser l'intégrité d'un implant en gel de silicone. Elle identifie les ruptures intracapsulaires que les autres examens ne voient pas, notamment par le signe dit du « linguine », et précise si le gel a franchi la capsule.
La mammographie s'inscrit dans le dépistage selon l'âge et les antécédents. Elle est réalisée avec des incidences adaptées à la présence d'implants.
Un élément est souvent négligé : retrouver la documentation des implants en place. Marque, référence, volume, type d'enveloppe et date de pose figurent sur la carte d'implant remise après la première intervention. Ces informations orientent l'analyse du risque et la planification. En leur absence, le chirurgien procède par l'imagerie et par la mesure peropératoire.
Enfin, la consultation reconstitue l'histoire chirurgicale : nombre d'interventions antérieures, voie d'abord utilisée, plan de positionnement, complications survenues, épisodes infectieux, radiothérapie éventuelle. Ces éléments modifient la stratégie plus que la demande esthétique elle-même.
Le sort de la capsule est l'une des décisions majeures de l'intervention, et l'une des moins souvent expliquées aux patientes. Plusieurs options existent, et elles n'ont ni les mêmes indications, ni le même retentissement opératoire.
| Geste sur la capsule | En quoi il consiste | Situations où il est retenu |
|---|---|---|
| Capsule laissée en place | La capsule est conservée telle quelle, l'implant est simplement remplacé | Capsule souple et fine, absence de coque, absence de rupture |
| Capsulotomie | La capsule est incisée pour desserrer la contrainte et agrandir la loge | Capsule modérément rétractée, ajustement du volume de la loge |
| Capsulectomie partielle | Les zones les plus épaisses ou calcifiées sont retirées, le reste est conservé | Capsule épaissie par endroits, rapport étroit avec la paroi thoracique |
| Capsulectomie totale | La capsule est retirée dans son intégralité | Coque évoluée, capsule calcifiée, rupture extracapsulaire, suspicion de sérome tardif à analyser |
| Capsulectomie « en bloc » | Implant et capsule sont retirés d'un seul tenant sans ouvrir la capsule | Situations particulières, notamment rupture avec diffusion de gel, sous réserve de faisabilité anatomique |
Une capsulectomie totale n'est pas un geste anodin. La capsule adhère par sa face profonde à la paroi thoracique, aux côtes et aux espaces intercostaux ; son ablation complète allonge l'intervention, augmente le saignement, le risque d'hématome et de sérome, et comporte un risque de pneumothorax lorsque la dissection est très adhérente. Elle se justifie quand elle apporte un bénéfice réel, pas comme geste de principe.
Lorsque la capsule est laissée en place et que l'implant n'est pas remplacé, elle se rétracte et se résorbe habituellement d'elle-même avec le temps. C'est un point utile à connaître pour les patientes qui redoutent de « garder quelque chose » après une explantation.
Un nombre croissant de patientes demandent le retrait de leurs implants sans remplacement. Les motifs sont variés : lassitude du suivi, envie de revenir à un corps sans dispositif, gêne fonctionnelle, âge, symptômes généraux attribués aux implants, ou simple changement de projet esthétique.
Cette demande est légitime et doit être accueillie sans jugement. Elle exige en revanche une information honnête sur l'aspect du sein après le retrait, car c'est sur ce point que se concentrent la plupart des déceptions.
Le sein ne revient pas à son état antérieur à la première intervention. Plusieurs modifications se sont installées pendant les années de port :
L'aspect immédiat après explantation est donc souvent celui d'un sein plat, vidé et plissé, avec une aréole basse. Cet aspect s'améliore progressivement sur plusieurs mois, le temps que la peau se rétracte et que l'œdème disparaisse, mais l'amélioration spontanée a des limites et ne peut pas être promise.
Pour corriger l'aspect après retrait, deux gestes peuvent être associés, dans le même temps ou à distance :
Une mastopexie, qui retend la peau et remonte l'aréole. Elle laisse des cicatrices dont le tracé dépend de l'importance de l'excès cutané, et se discute au cas par cas. L'associer d'emblée à l'explantation est possible, mais la vascularisation de la peau est plus fragile sur un sein déjà opéré, et certains chirurgiens préfèrent opérer en deux temps.
Un transfert de graisse autologue, prélevée par lipoaspiration puis réinjectée dans le sein, peut restaurer une partie du galbe. Le principe, les limites et le taux de résorption de cette technique sont détaillés sur la page consacrée au lipofilling mammaire. Ce geste suppose de disposer d'une zone donneuse suffisante et n'apporte qu'un volume modéré ; il ne reproduit pas le volume d'un implant.
Une première augmentation s'effectue dans un tissu vierge, avec des plans anatomiques nets et une loge créée sur mesure. Une reprise, non.
Le chirurgien intervient sur un sein dont les plans ont été disséqués, où la fibrose a remplacé une partie des repères, où la peau a perdu de l'épaisseur et de l'élasticité, et où le muscle grand pectoral a parfois été partiellement désinséré. La loge existante peut être trop grande, mal placée, ou déformée, et doit alors être remodelée par des points internes ou une reconstruction du sillon.
La vascularisation de la peau et de l'aréole est également plus précaire, ce qui pèse lourdement lorsqu'une mastopexie est associée au changement d'implant. Chaque intervention supplémentaire sur un même sein augmente ce risque.
Enfin, la durée opératoire d'une reprise est généralement supérieure à celle d'une pose initiale, en particulier lorsqu'une capsulectomie étendue est nécessaire, et le résultat est intrinsèquement moins prévisible. Ces éléments expliquent qu'un chirurgien puisse proposer un programme en deux temps ou décliner une partie de la demande.
L'intervention se pratique sous anesthésie générale, avec une hospitalisation généralement d'une à deux nuits selon l'ampleur du geste.
Le chirurgien réalise un marquage debout avant l'intervention : position du sillon sous-mammaire, axe des seins, position de l'aréole, asymétries préexistantes. Ce marquage est particulièrement important dans les reprises, où les repères sont souvent asymétriques.
La voie d'abord reprend le plus souvent la cicatrice existante, ce qui évite d'en créer une nouvelle. La cicatrice sous-mammaire est la plus utilisée dans les reprises car elle donne l'accès le plus direct à la loge et à la capsule. Lorsque la première intervention a été réalisée par voie aréolaire ou axillaire, le chirurgien peut néanmoins décider de changer de voie si l'accès est insuffisant pour réaliser le geste prévu en sécurité.
Le retrait de l'implant se fait après ouverture de la loge, avec une précaution particulière en cas de rupture connue pour limiter la dispersion du gel. Le contenu de la loge est inspecté ; un liquide anormal est prélevé pour analyse.
Le geste sur la capsule est ensuite réalisé selon la stratégie décidée en préopératoire, éventuellement ajustée en fonction de ce que le chirurgien constate.
La préparation de la nouvelle loge précède la mise en place du nouvel implant : changement de plan si nécessaire, fermeture partielle de la loge par points internes, reconstruction du sillon, mise en place éventuelle d'un renfort. Un implant d'essai permet de vérifier le volume et la position avant la pose définitive.
La fermeture se fait en plusieurs plans. Un drainage est fréquemment mis en place après une capsulectomie étendue, et un soutien-gorge de contention est posé en fin d'intervention.
Les suites d'une reprise sont souvent décrites comme plus simples que celles de la première pose lorsque l'implant est simplement remplacé dans une loge existante, et au contraire plus marquées lorsque le geste comporte une capsulectomie étendue ou une mastopexie associée.
| Période | Ce qui est habituel |
|---|---|
| 24 à 72 heures | Douleurs modérées contrôlées par les antalgiques, tension thoracique, drains éventuels, mobilisation précoce encouragée |
| 1re semaine | Œdème et ecchymoses, port permanent de la contention, mouvements des bras limités, fatigue |
| 2 à 4 semaines | Régression des ecchymoses, reprise des activités du quotidien, seins encore hauts et fermes |
| 1 à 3 mois | Descente progressive des implants dans la loge, assouplissement, cicatrices rouges |
| 3 à 12 mois | Maturation des cicatrices, forme se stabilisant, résultat considéré comme abouti |
Des troubles de la sensibilité de l'aréole et de la peau du sein sont fréquents et régressent le plus souvent en quelques semaines à quelques mois. Une zone d'hypoesthésie définitive est possible, en particulier après plusieurs interventions.
La reprise d'une activité professionnelle sédentaire est habituellement envisageable après une à deux semaines, davantage après une capsulectomie étendue ou une mastopexie associée. Le port de charges et les gestes bras au-dessus de la tête sont limités pendant plusieurs semaines.
Les activités sportives reprennent par étapes : marche rapidement, activités douces après quelques semaines, sports sollicitant le haut du corps et sports d'impact plus tard, toujours sur avis du chirurgien. Ces repères sont indicatifs et varient d'une patiente à l'autre.
La forme immédiate n'est pas la forme définitive. Les implants sont d'abord positionnés haut et le sein paraît ferme et arrondi ; la descente dans la loge et l'assouplissement s'étalent sur plusieurs mois. Après une capsulectomie, cette évolution peut être plus lente, le temps que les tissus se réorganisent.
L'appréciation du résultat se fait habituellement entre six mois et un an. Les cicatrices, elles, continuent d'évoluer au-delà : rouges puis rosées avant de pâlir, avec une évolution qui dépend du type de peau et du nombre d'interventions déjà subies.
Il faut souligner un point : un sein repris n'atteint pas nécessairement la qualité de résultat d'une première augmentation réussie. L'objectif d'une reprise est souvent de corriger un problème et d'améliorer une situation, pas d'obtenir un résultat parfait sur des tissus qui ont déjà été sollicités.
Le changement de prothèses mammaires est une intervention chirurgicale à part entière, dont les risques sont au moins équivalents à ceux d'une première pose, et supérieurs dans plusieurs domaines.
Complications précoces : hématome pouvant imposer une reprise en urgence pour évacuation, sérome, infection de la loge — complication redoutée car elle conduit fréquemment au retrait de l'implant et à une repose différée —, retard de cicatrisation, souffrance ou nécrose cutanée et aréolaire, particulièrement lorsqu'une mastopexie est associée sur un sein déjà opéré.
Complications liées à la capsulectomie : saignement plus important, pneumothorax en cas de dissection adhérente à la paroi thoracique, douleurs pariétales prolongées.
Complications à moyen et long terme : récidive de contracture capsulaire, dont le risque est plus élevé chez une patiente qui a déjà présenté une coque ; malposition ou déplacement du nouvel implant ; rippling ; asymétrie résiduelle ; troubles définitifs de la sensibilité ; cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes ; rupture du nouvel implant à terme.
Complications générales : risques liés à l'anesthésie générale, thrombose veineuse et embolie pulmonaire, prévenues par le lever précoce et les mesures de prévention adaptées.
Nécessité d'une nouvelle intervention : c'est la complication la moins spectaculaire et la plus fréquente. Le taux de reprise après une chirurgie de reprise est supérieur à celui d'une première pose. Poser un nouvel implant, c'est accepter par avance l'éventualité d'une intervention ultérieure.
Un changement de prothèses ne restaure pas des tissus. Il agit sur l'implant, sur la loge et sur la capsule, mais il ne rend ni épaisseur à une glande amincie, ni élasticité à une peau distendue. Lorsque la couverture tissulaire est très fine, le rippling peut persister malgré un changement de modèle ou de plan.
Un changement de prothèses ne corrige pas non plus à lui seul une ptôse : sans geste cutané associé, un nouvel implant ne remonte pas un sein qui est descendu.
Il ne supprime pas le besoin de surveillance. Les nouveaux implants vieillissent à leur tour et relèvent du même suivi clinique et radiologique.
Enfin, il ne garantit pas la disparition de symptômes généraux attribués aux implants. Certaines patientes rapportent une amélioration après explantation, d'autres non ; aucun résultat ne peut être annoncé à l'avance dans ce domaine.
La symétrie parfaite n'est pas atteignable. Les deux seins étaient déjà différents avant la première intervention, et les remaniements successifs accentuent souvent ces différences.
Il n'existe pas de tarif unique pour une chirurgie de reprise, précisément parce que deux dossiers ne comportent presque jamais le même programme opératoire. Seul un examen clinique associé à l'imagerie permet d'établir un devis personnalisé.
Les facteurs de variation sont les suivants :
Un devis sérieux détaille chacun de ces postes et précise ce qu'il advient en cas de reprise. Une estimation établie sans examen clinique ni imagerie, dans une situation de reprise, n'a pas de valeur : personne ne peut chiffrer un geste sur la capsule sans savoir dans quel état elle se trouve. Vous pouvez transmettre votre dossier pour une estimation personnalisée.
Le choix pèse plus lourd dans une reprise que dans une première pose, car la marge d'erreur est plus étroite.
Non, il n'existe pas d'obligation de remplacement à échéance fixe. Ce qui est recommandé est une surveillance clinique et radiologique régulière. Un implant ancien sans anomalie détectée ne constitue pas en soi une indication opératoire.
Une rupture d'implant en gel de silicone est souvent silencieuse et ne se détecte qu'à l'imagerie, l'IRM étant l'examen le plus sensible. Une modification de forme, une induration, une douleur ou un gonflement doivent faire consulter sans attendre. Un implant rempli de sérum physiologique se manifeste au contraire par une perte de volume rapide et visible.
Cela dépend entièrement du geste. Un remplacement simple dans une loge déjà constituée est souvent décrit comme moins douloureux qu'une première pose, le muscle n'ayant pas à être redécollé. Une capsulectomie totale ou une mastopexie associée donnent au contraire des suites plus marquées.
Oui, dans les limites que les tissus autorisent. Une réduction de volume est généralement réalisable mais peut nécessiter une correction de l'excès cutané. Une augmentation importante sur des tissus déjà amincis expose au rippling et à la descente de l'implant, et peut être déconseillée.
Le sein retrouve le volume glandulaire dont vous disposez actuellement, qui est souvent inférieur à celui d'avant la première intervention en raison de l'amincissement de la glande. L'aspect initial est fréquemment plat et plissé, puis s'améliore sur plusieurs mois sans revenir à l'état antérieur. Une mastopexie ou un lipofilling peuvent être discutés pour corriger cet aspect.
Une capsule fine et souple, laissée en place lorsqu'elle ne pose pas de problème, se rétracte et se résorbe habituellement d'elle-même après un retrait d'implant. La capsulectomie totale se justifie lorsqu'elle apporte un bénéfice identifié — coque, calcifications, rupture avec diffusion, prélèvement à analyser — et non comme geste systématique, car elle comporte ses propres risques.
L'allaitement reste possible dans de nombreux cas, mais il dépend surtout des gestes déjà réalisés sur la glande et l'aréole lors des interventions précédentes. Une voie aréolaire ou une mastopexie associée peuvent altérer les canaux galactophores. Cette question doit être posée avant l'intervention si un projet de grossesse existe.
Lorsque la reprise est motivée par une demande esthétique, il est préférable d'attendre, car une grossesse et un allaitement modifient de nouveau le volume et la tenue du sein. Lorsqu'elle est motivée par une complication comme une rupture ou une coque douloureuse, l'indication médicale prime.
Pas nécessairement. Une reprise intervient sur des tissus déjà opérés, plus fins et moins élastiques, avec des repères anatomiques modifiés. L'objectif est de corriger une situation donnée ; le niveau de résultat accessible dépend de l'état des tissus et ne peut pas être garanti.
Oui. Les nouveaux implants relèvent du même suivi que les précédents : examen clinique régulier et imagerie selon le rythme fixé par l'équipe qui vous suit, en tenant compte de votre âge et de vos antécédents. La carte d'implant qui vous est remise doit être conservée.
Ces deux situations ne sont pas comparables. Si vous n'avez jamais été opérée, les modalités de choix d'un implant sont décrites sur la page consacrée à l'augmentation mammaire par implants. Si vous portez déjà des implants, votre prise en charge relève de la chirurgie de reprise décrite ici. Pour s'orienter entre les différentes interventions du sein, la page chirurgie des seins en Tunisie présente les correspondances entre chaque problématique et l'acte adapté.